Jusqu'à ce que la mort nous sépare...
Nombre fois que ces mots ont été prononcé, mais courent ils directement dans l'oubli de ceux qui les entendent et qui pourtant jurent sur ces paroles
sacrées ? Pour certains l'éternité n'est pas un laps de temps si long, elle s'achève juste quand la vie finit son cours. Point. Plus de coeur, de battements pour renvoyer ce sang signe de vie... et l'éternité s'achève. Comme une ligne démarquée sur le sable, avant la vie... après rien.
"Merci de prévenir la gendarmerie"
Ce sont par ces quelques mots acrochés à la porte de leur dernière demeure qu'André Gorz alias
Gérard, annonce à ceux de son entourage que Dorine et lui sont partis. Je ne reviendrai pas sur l'oeuvre de cet auteur, d'un côté incapable et d'un autre car là n'est pas ma motivation. Non, juste l'envie de souligner et de montrer mon émerveillement sur cet acte.
La simple pensée de vivre sans sa D., sa Dorine lui étant impossible. Alors ils sont partis, endormis l'un avec l'autre, ayant été au bout de sa pensée d'individu. La sachant perdue et condamnée, il a lui même fait le pas... de sauter cette ligne sur le sable.
Combien d'invidus pourraient partager cet acte, d'aller jusqu'au bout de cette idée... vivre sans l'
être cher leur étant impossible.
En lisant cela, je ne peux m'empêcher de repenser à deux choses. La première, quelques lignes dans le recueil de
Ron, oui l'infirmier des stars, que j'avais déjà posté voilà presqu'un an sur l'une de ces patientes lui expliquant simplement la relation particulière avec son mari malade et tout autant condamné.
"Vous croyez quoi, que l'amour, c'est le repas à deux au restau, les vacances à Vérone et les petits câlins dans les champs ? Vous croyez que ce ne sont que les bons moments ? Qu'ont vit d'amour et d'eau fraiche avec l'autre ?
Non, l'amour c'est ça aussi, être avec lui dans cette épreuve, ne pas le lâcher parce qu'il est dans la merde, au sens propre comme au figuré, lui montrer que je suis encore là, même s'il ne peut plus rien me dire, mais je sais qu'il sent ma présence, je le connais tellement bien..."
Pour moi, voilà les plus belles preuves d'amour, cette abnégation comme seule bien souvent une
mère en est capable. Non, pas un martyr ou un besoin d'attirer la culpabilité des autres, non un simple don de soi quand l'autre ne peut plus.
La mort peut sembler une porte de sortie bien douce, comme le simple fait de ne pas vouloir regarder les choses en face. La vie est une lutte, mais passé un certain âge nous n'avons parfois plus envie de nous battre. Lui 84 ans et elle 83. Je n'ai jamais cautionné le suicide, mais je pense que les règles sont différentes une fois que nos plus belles années sont derrière nous. "
L'hiver" a des joies qu'il nous faut apprendre, oui, la viellesse propose des joies différentes de nos vingts printemps passés et révolus, mais parfois on ne peut plus... simplement.
C'est peut être cette touche de Romantisme qui me fait marquer un arrêt sur cette affaire, comme sur celle de Maïa Simon, qui a décidé de partir mourir en Suisse. J'ai un respect infini pour la vie et tout en écrivant je me pose la question sur mon positionnemet face à l'euthanasie. Je n'ai jamais considéré l'être humain comme un simple amas de chair et de tendons. Mais devons nous rester aveugle et muet face à la souffrance des autres, bien que nous le fassions tout les jours pour des sujets bien différents.
Quoi qu'il en soit en soit, je désirais juste rendre hommage à ces personnes qui ont été au bout de leur idée dans le respect de leur personne et de leur entourage...
Je vous laisserai donc avec ce texte de mon ami Serge,
Et puis...
Et j'allais dire déjà
L'enfance se fait lointaine
Comme un pays d'où l'on s'en va
Je ne vois plus qu'à peine
Le rivage
Mon amour, mon amour
Avec toi j'appareille alors
Pour autre part, our autre chose, à bord
De ma quarantaine
Et je t'emmène
Là-bas dans une image
Je t'aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t'aime
Et puis...
Comme on va en province
Quand on aura fait la vie
Nous irons à la soixantaine
Dans la maison que j'aime
En Provence
Mon amour, mon amour
Nous aurons fait l'amour et puis
D'autres garçons bien avant les vieux jours
Et les vieilles nuits
Si tu es sage
Tu auras des images
Je t'aime
Toi qui ne seras jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t'aime
Et puis...
Mais ce n'est pas demain
Il faudra que le soir vienne
Je m'en irai sur le chemin
Où nous attend la chienne
Un par un
Mon amour, mon amour
Quand je serai dans les nuages
C'est autre part, c'est autre chose, encore
Mais sans toi, tu sais
Je serai seul
Là-bas dans l'autre image
Je t'aime
Moi qui ne serai jamais
Une grande personne
Ne me quitte jamais
Je t'aime...