Mon voisin... quel canon !
La semaine dernière, je rentrais chez moi après une petite promenade avec un ami, pour allez lui récupérer sa housse de couette que je lui avais lavée la veille (et oui, il faut savoir que je fais aussi laverie à mes heures perdues). Au bas de l'escalier de l'immeuble, je trouvais des étagères, des armoires, et un tas de brics et de brocs... et à quelques enjambées de là deux jeunes garçons se reposant lascivement sur une des marches, après un effort semble t'il intense... deux jeunes garçons qui ma fois devaient avoir à leur actif (ou à leur passif tout dépend comme on prend la situation) plus d'heures passées à faire les boutiques que d'heures avec les mains dans le cambouis (c'est stéréotypé vous croyez ? non...). Prenant mon plus beau sourire (oui, car j'ai une panoplie de sourire assez extravagante me servant dans maintes occasions) sans suit une discussion assez brève
Moi : "Vous emménagez ? "
Eux : "Non, on déménage"
Intérieurement, je pestais sur le fait d'avoir eu des voisins homos et de n'en avoir jamais rien su. Oui, car mon immeuble est tout le contraire du célèbre "Immeuble Yakoubian" cela serait plutôt le concept de "maison fantôme". Depuis maintenant cinq mois que j'y habite, je n'y ai croisé que deux voisins (sachant qu'il y a huit appartements répartis sur deux étages), il n'y a jamais un bruit à part quelques fois une porte qui claque ou des talons dans l'escalier... je me suis longtemps demandé si mon immeuble n'était pas sujet à des phénomènes ectoplasmiques poussant quelques âmes en peine à venir y rôder la nuit venue (non, là je ne parle pas de mes amis rôlistes...).
Toutes les questions furent élucidées quand je vis C., ma voisine arriver me disant qu'elle déménageait pour Londres à la fin du mois. Ouf ! l'honneur était sauf, ces deux jeunes gens n'étaient donc pas des résidents de l'immeuble...
Je vaquais à mes occupations quand le soir venu, tout en me goinfrant de pâte à la carbonara savamment accompagnées de crème non-allégée, j'entendit que l'on toque discrètement à ma porte. J'entrouvrais et je vis ma voisine C. qui tout timidement entame la conversation, rapidement elle vient au fait que parmi ses amis l'un m'avait trouvé fort charmant et qu'il m'avait préparé un billet. Accompagné de son numéro celui-ci me demandait si j'étais intéressé par un café. Très discrètement j'escamotais le billet dans une de mes poches arrières pour continuer avec un grand naturel la conversation. Nous mettant à parler de son appartement, je lui demandais combien elle payait et si c'était grand chez elle... je visitais rapidement son domicile m'apercevant que celui-ci était presque une fois-et-demie plus grand que le mien et mieux agencé. Toujours une grande mezzanine comme le mien, mais une cuisine séparée avec un bar donnant sur la salle, une salle de bain plus grande et des toilettes séparées... et surtout non pas une terrasse donnant sur une cours mais sur la dite Cathédrale à quelques mètre d'ici.
Je tombais des nues lorsque celle-ci m'avoua qu'elle payait moins cher que moi cet appartement pour près de 15m carré de plus. Je décidais donc que le lendemain j'irais rendre visite à mon propriétaire pour voir s'il m'était possible de le récupérer... je n'allais tout de même pas passer devant une aussi bonne occasion.
Je retournais chez moi et j'examinais mieux le petit bout de papier que m'avais remis ma voisine. Simple, celui-ci me disait qu'il m'avait à plusieurs reprises déjà croisé dans Amiens et que trop timide il n'avait jamais osé m'aborder. Me plaignant souvent d'une part sur le fait que les amiénois ne sont pas trop ouvert et d'autre part que les gens ne n'aborde jamais, j'estimais que je devais dans un premier temps lui répondre. Oui, car on me fait souvent la réflexion que d'entamer une discussion avec moi c'est comme escalader l'Everest par la mauvaise face pendant une tempête de neige... vous voyez l'iceberg dans Titanique ? ... bha, pareil mais en plus froid.
Je le remerciais de son mot et lui confiais tout de même que j'avais déjà quelqu'un dans ma vie (parfois je me demande aussi si je ne sors pas avec "Casper le petit fantôme") et nous nous donnions rendez-vous le lendemain après midi dans un café. Le jour-dit nous discutons pendant une heure et nous passons un agréable moment... même si j'avoue j'aurais préféré que ce soit son autre ami qui m'eut envoyé ce petit mot. Depuis lors nous nous voyons régulièrement dans les cafés amiénois ici ou là, le plus souvent par hasard, pour discuter.
Donc, en définitif la semaine prochaine je serais mon propre voisin pendant les quelques heures de mon déménagement... l'appartement plus grand (environ 50m carré) me permettant de faire une crémaillère digne de ce nom.
PS: Pour la petite explication sur le prix, il faut savoir que mon appartement a été refait totalement à neuf avant mon entrée... et pas le sien.
03/09/06 - 17:04
On dirait les chroniques de San Francisco ;)
show-no-mercy