Il est des temps où il faut assumer ses choix...
"Si tu as trop de tourments ne les garde pas pour toi
Va le dire à ta maman les mamans c'est fait pour ça
Et là, blotti dans l'ombre douce de ses bras
Pleure un bon coup et ton chagrin s'envolera"
Il est une grande étape dans notre communauté c'est l'affirmation de sa sexualité devant sa famille. Lorsque je parle à mes amis et connaissances de mes parents, ils sont parfois ahuris par celle-ci... des gens charmants, simple, aucune bizarrerie (ou presque), bien sous tout rapport, ouvert d'esprit et aimant. A des moments lorsque nous parlons de notre passé, de notre enfance j'ai parfois un peu honte de ma situation. Eux, ont eu des soucis avec leur famille, parfois absente ou dans des situations ne les permettant pas de les aider. Ma famille a toujours été là, il y eu bien quelques fricsions mais dans les coups durs nous sommes toujours là les un pour les autres. Nous vous imaginez pas la famille de cette série américaine où un pasteur hyper-clean et ses enfants vivent dans un bonheur tout assumé. Non, mes frères et moi avons toujours été des personnes autonomes et indépendante sans aucune grande effusion de sentiments... nous sommes frères, point. La famille soutient la famille, et c'est ainsi !
Mes parents n'ont eu, eux, aucune facilité dans la vie. Nés au sortir de la guerre, pour mon père dans une famille nombreuse et pauvre, et ma mère orpheline élevée par des soeurs. Ils se sont fait eux même à grand coup de privation et de travail, s'élevant donc peu à peu dans la société. Nous sommes des
gens du nord, comme aiment à le dire certaines personnes, forts et froids mais au grand coeur.
Ma mère a toujours était le pilier de notre noyau famillial, d'une grande force de caractère elle s'est toujours efforcer de recréer pour nous ce qu'elle avait manqué quand elle était plus jeune. Toujours au fait, comme beaucoup de mère, quand ses enfants n'allaient pas bien.
Et c'est ce qu'il est arrivé. Depuis quelque temps ma mère voyait que quelque chose n'allait pas bien chez moi, bien qu'à près de cent kilomètres de chez moi. J'ai toujours eu ce rapport aux mauvaises choses, qu'il fallait avancé. Relève la tête, avance, tu pleureras plus-tard...
Mais à ce moment là, j'étais plutôt dans l'état d'esprit "à défaut d'être, il faut paraitre". Mais le masque se fendillait peu à peu. Au téléphone, ma mère me questionnait donc pour savoir ce qui n'allait pas bien. Profitant d'une de leur venue sur Amiens, je lui disais donc que je leur expliquerait tout quand ils viendront.
Le jour-dit nous étions donc tous installés autour de la table chez moi et je tournais peu à peu autour du pot. Je leur avouais donc que je sortais donc d'une relation dont j'avais beaucoup de mal à me remettre... et le reste des mots peinaient à sortir de ma bouche, lorsque ma mère me sorti :
-"Avec un garçon..."
J'acquiessais... s'en suivi une brève discussion avec mes parents, ils me disaient donc que c'était ma vie et qu'ils n'étaient pas là me juger, que c'était mon choix et que cela ne serait pas facil à assumer. Mais il me suivait, il avait un peu peur pour moi... de la solitude que ma mère entrevoyait dans ce choix mais qu'ils seraient toujours là pour moi si je voulais en discuter. Je leur parlait donc de ma fin de relation, des deux mois passés où j'avais beaucoup de mal à avancer.
Ce fut assez bref, pas de grande déversement de larme... comme je le désirais... mais je sais qu'il lui faudra encore un peu temps, car tout cela n'est pas leur milieu et que nous allons avoir besoin de quelques discussions sur le sujet.
Maintenant, ils savent... j'avais besoin de cette étape pour mon évolution personnelle.