Charlie aime les sucettes...
Depuis quelque temps déjà les affiches de "Charlie et la Chocolaterie" emplissaient les sucettes publicitaires des villes françaises. Réadaptation d'un célèbre conte pour enfant des années 60 de Roald Dahl (il est à savoir qu'une première version cinématographique avait déjà été réalisée voici quelques années),que notre trublion de service, Tim Burton, fait jaillir à nouveau sur nos écrans.
Bien que ce titre enfantin ne m'était pas inconnu, je n'avais jamais tourné les pages de cette fantaisie. Et c'est donc l'âme pure (mouarf !) et l'esprit neuf que je décidais d'accompagner C. hier aux halles pour une petite séance...
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre... seules les affiches battant le pavé depuis plusieurs mois m'avait donné la possibilité de me faire une idée de ce film... Johnny Deep en une espèce de leprechun, canne en main et haut de forme ajusté ; et quelques enfants épars...
La lumière se tamise puis laisse place aux jeux habituels de clair obscur de la grande toile... Et c'est parti pour une à deux heures plaisir en Vo...
Une histoire assez simple de prime abord... un chocolatier étrange, une usine... des enfants... hélas les choses commence à se corser... J'étais parti dans l'idée que ce filme était bel et bien fait pour des enfants, comme les faeferies que peuvent nous présenter les grands studios américain au moment de Noël... C'était sans compter sur la patte de Burton... Après ce visionnage, j'aimerais bien avoir le ressenti d'une de nos chères têtes blondes pour savoir comment lui a compris ce film...
Les choses se mettent peu à peu en place...
Willy Wonka est un chocolatier de génie, mettant à profit son goût immodéré pour ses délices sucrées et sa folie créatrice pour régaler les enfants du monde entier (ou pour son seul plaisir, néanmoins ! ) avancent à pas de géant au sein de l'industrie chocolatière... Nul autre que lui ne dispose d'un tel talent pour concevoir des confiseries, car Willy Wonka ne se contente pas d'imaginer ses bonbons... non... il les vit !
Hélas la réussite attire toujours des convoitises... bientôt son génie se confronte à la dure réalité financière et à l’espionnage industriel de ses voisins... dégoûté (voir écoeuré ! ) par l'humanité, Willy Wonka se referme seul au sein de sa chocolaterie... pour toujours...
Toujours ? Jamais ? qu'est ce le temps dans un conte de fée ?!?
Un beau jour d'hiver... les portes closent s'ouvre à nouveau laissant l'espoir aux enfants du monde entier de visiter la "fameuse" usine Wonka. Car l'insondable Willy Wonka organise un concours visant à faire rentrer 5 enfants dans son antre... 5 enfants chanceux... ou presque...
Parmi ces cinq enfants, quatre sont des pestes pourries et gâté par leurs parents issus de milieu certes divers mais ayant un point commun... l'attachement aux choses matérielles... seul un petit garçon, sorti tous trois d'un univers de Charles Dickens sort de ce lot...
Willy Wonka a tout prévu pour tester ses visiteurs... oui, car cela est bien un test... car ce misanthrope se cherche un remplaçant... le temps passe (même dans les contes de fée ;o) et celui-ci sans son heure arrivée... ou tout du moins de prendre sa retraite...
Malheureusement, pour ce film c'est à ce moment que j'ai commencé à m'inquiéter... Dès le moment, ou Willy Wonka laisse le garçon gros et gourmand (trop, certes ! ) se noyer au sein de sa rivière de chocolat... sans agir... laissant ce pauvre garçon au prise avec son destin et une fin... funeste...
Un film pour enfant ???
Sans suit donc les différents piège de Wonka, où tombent un à un les différents enfants... noyé dans une rivière de chocolat, gavé par un chewing-gum jusqu'à en devenir énorme et difforme (cette scène n'est pas sans me rappeler un passage de "Seven" concernant le péché de Gourmandise), agressée et jetée aux ordures (celle-ci l'avaient mérité ! ) ou encore rapetissé puis agrandit à l'étireuse à guimauve...
Chacun des enfants subit donc un châtiment comparable à son mauvais caractère et à sa mauvaise éducation... Tout ceci étant évidement malignement orchestré par Wonka... Mais comme lui le rappelle si aisément, les enfants ne sont pas les seuls fautifs... les parents les accompagnant ont largement leur part de responsabilité dans tout cela...
Jusqu'à cette partie du film, je n'étais "moralement" pas en accord avec les idées sus-nommées... bien que ma face sombre, elle, se régalait en silence.... Peut-être suis je trop laxiste quand aux enfants... mais qu'avait il fait de mal ! Certes, ils étaient mal éduqués, mais est ce leur faute ?
En en reparlant avec C. après, je remis les idées dans leur caractère de l'époque... par exemple, qu'elle pouvait être la faute de "mademoiselle Beauregard" ; à part cette sale habitude de mâchouiller du chewing-gum... celle d'avoir jeté à un moment ou à un autre un mauvais regard à un autre enfant... rien dans ses actes au sein de ce film ne laissait présumer d'un caractère répréhensible, Monsieur le Juge !!! Mais alors pourquoi tant de haine !?! (parceque ? ...)
La chose étant la simple ! Au sein des années 60, l'éducation de nos chers chérubins n'étaient pas la même, le fait d'user à tort à travers de chewing-gum était inadmissible ! Bien que Burton retranscrit ici un conte seulement vieux de près d'un demi-siècle certaines notions ne sont plus d'actualités...
Tout ce scénario était donc destiné à remettre en place quelques galopins pourris et gâtés par leur parents (fautifs dans ce cas !). Non, car même à la sortie de cette aventure la plupart n'ayant même pas compris la leçon... le gros gourmand en sort couvert de chocolat et se pourléchant les babines et les doigts à loisir... Miss Beauregard en est ragaillardie d'avoir une nouvelle souplesse... Seul ! le père richissime de "Veruca" commence à avoir du plomb dans la cervelle...
Mais alors pourquoi tout ce tohu-bohu !
Je me demandais en quoi ce conte pouvait avoir une contenance moralisatrice ! Burton n'avait il pas assez diabolisé les enfants pour je ressente ce sentiment de vengeance envers eux ? Ou bien était ce un décalage entre la moral des années 60 et celle d'aujourd'hui ? ou entre la vision puritaine des américains et la notre européennes ? Je me le demandais...
Mais le film n'était pas fini... car je mettais laissé pris au piège (selon ma vision des choses...)... Tout les enfants avait donc était éliminé par les épreuves de Willy Wonka... tous, non... un irréductible gamin pauvre de Londres (Merci monsieur Dickens ! ) a passé avec succès les épreuves de bonté d'âme et de charité...
Il sera donc l'héritier de la toute puissante usine WONKA !!!
Mais pour cela, il devra laisser famille et amis derrière lui et à jamais... (je ne vous le refais pas... ) Mais ce petit bout de chou aime son papa, sa maman, son papi de son papa, sa mamie de son papa, son papi de sa maman et sa mamie de sa maman ! Incompréhension dans la tête de Willy Wonka !!! Comment ??? Comment peut-on apprécier les hommes plus que les friandises !!! Il repart donc dans l'expectative de cette nouvelle... seul... à jamais... Non !!!
Quelques jours plus tard, Wonka reprend contact avec le gamin... il semble avoir changé d'idée... un coeur semble à nouveau battre dans sa poitrine et il veut lui même reprendre contact avec son père oublié depuis fort, fort, fort longtemps...A long time ago, for... heu je m'égare...
Je m'étais donc fourvoyé, à mon sens la moral ne porte pas entièrement sur les enfants mais bel et bien sur le personnage de Willy Wonka ! A travers ce parangon du syndrome de "Peter pan", Burton (ou Roald Dahl ? ) nous expose donc toute la vision de cette oeuvre... les pièces s'emboîtent peu à peu les unes dans les autres... C'était Wonka qui était visé dans tout cela, cet adulescent perdu au sein d'un monde qui ne la jamais compris et qu'il n'a jamais compris...
Tout du moins, tel est ma vision des choses... car C. ayant déjà lu cette oeuvre enfantine me fait savoir, que toute l'histoire avec le père n'existe pas... que c'est Burton qui l'a lui même rajouté ! Malgré tout après visionnage COMPLET de ce film, j'en tire un bilan plus que positif... j'ai bien aimé !
Même si Wonka me fait peur... :o(